Marketing de base : Le positionnement du produit
1- Généralités :
Par le positionnement du produit, l’entreprise se
différencie de ses concurrents dans l’esprit du consommateur. Cette différence
peut s’appuyer sur le prix du produit (exemple : haut de gamme), sur un
avantage économique (exemple : faible consommation d’énergie), sur le contenu
symbolique du produit (exemple : prestige), etc.
Une analyse de positionnement a lieu dans les
quatre cas suivants :
- Un produit lancé sans positionnement explicite :
l’entreprise cherche à connaître à l’avance comment son produit est perçu par
le marché.
- Un produit lancé avec un positionnement bien
défini : l’entreprise veut contrôler si la perception effective de son produit
correspond bien à ses objectifs initiaux.
- La définition d’un positionnement pour un produit
nouveau : l’entreprise détermine le positionnement le plus adapté, découlant
caractéristique essentielles du produit et dépendant du (ou des) segment (s) de
marché visé.
- La nécessité d’un repositionnement : le
repositionnement consiste à redéfinir la position d’un produit, soit parce que
le positionnement initial s’est avéré inadéquat, soit parce que les action de
la concurrence le rendent nécessaire.
Dans certains cas, le repositionnement est aussi un
moyen de relancer un produit ancien (exemple de la limonade Orangina).
2- les trois questions liées au positionnement :
Positionner un produit est une
décision marketing fondamentale, elle consiste à donner des réponses
concrètes aux trois questions suivantes ;
a) « Qu’allons-nous apporter de spécifique au consommateur ? »
Cette première question concerne principalement le
concept du produit proposé. Il s’agit d’analyser de façon très détaillée
l’offre de produit plus ou moins directement concurrents et d’évaluer les
avantages spécifiques du produit de l’entreprise face à ces concurrents.
La notion de concept de produit doit être prise au
sens large. Elle englobe bien sûr les caractéristiques du produit mais aussi
des aspects tels que coût de fabrication, délai de livraison, services
(après-vente, information, etc.), conditionnement, mode de distribution,
etc.
En général tout ce que le produit apporte de plus
que les autres produits de la même catégorie.
Remarque :
Le positionnement naturel est celui qui découle des
caractéristiques objectives du produit.
b) « En quoi notre produit peut-il être jugé différent des autres par notre cible ? »
Cette deuxième question concerne principalement la
perception du produit par le consommateur visé par l'entreprise. En fait, cette
deuxième étape consiste à étudier l'offre (celle du produit proposé et celle
des produits concurrents) avec les yeux des consommateurs en termes de qualité
perçue, d'image, de contenu symbolique, de services rendus, etc. A partir des
avantages spécifiques du produit proposé déterminés à l'étape précédente, il
s'agit d'évaluer quels sont ceux auxquels les consommateurs (ou les
utilisateurs) seront les plus sensibles ou les plus réceptifs.
Les cartes de positionnement :
Les cartes de positionnement ont pour objet de
situer dans un plan les positions respectives des différents produits étudiés.
Lorsque plus de deux critères sont retenus, on utilise des méthodes d'analyse
de données comme l'analyse factorielle ou multidimensionnelle.
Exemple : Progiciels de traitement de texte. Carte
établie à partir de deux critères :
- facilité d'utilisation
- nombre de fonctionnalités.
Dans cet exemple, le progiciel « F
» a des possibilités limitées mais son utilisation est très facile. La position
«XXX » représente un créneau possible pour un produit nouveau (plus facile à
utiliser que « A » et aussi complet que « D»).
C) « Quelle promesse allons-nous donner à l'acheteur ? »
Cette troisième question concerne le choix effectif du positionnement. Il
s'agit de déterminer l'avantage du produit proposé le plus spécifique et le
mieux perceptible parmi ceux qui ont été définis à l'étape précédente. En
langage publicitaire, on parle de proposition unique de vente.
Exemples illustratifs sous forme de slogans désuets : -« X, le meilleur rapport qualité- prix ! »
-« Y, si simple à utiliser! »
Lors de cette étape, il est fortement conseillé de réfléchir à la teneur du message à communiquer à la cible (sans chercher bien sûr à aboutir au texte définitif). La position communicationnelle du produit découle du message exprimé.
Il est évident, notamment pour les produits industriels, que la proposition unique de vente ne représente pas un carcan incontournable. L'argumentaire peut être beaucoup plus nuancé et s'appuyer sur plus d'un des aspects spécifiques du produit.
Exemples illustratifs sous forme de slogans désuets : -« X, le meilleur rapport qualité- prix ! »
-« Y, si simple à utiliser! »
Lors de cette étape, il est fortement conseillé de réfléchir à la teneur du message à communiquer à la cible (sans chercher bien sûr à aboutir au texte définitif). La position communicationnelle du produit découle du message exprimé.
Il est évident, notamment pour les produits industriels, que la proposition unique de vente ne représente pas un carcan incontournable. L'argumentaire peut être beaucoup plus nuancé et s'appuyer sur plus d'un des aspects spécifiques du produit.
Remarque :
La position globale d'un produit découle à la fois
de sa position naturelle et de sa position communicationnelle.
3-Stratégies de positionnement :
L'entreprise peut définir sa
stratégie de positionnement à partir du produit lui-même, du consommateur ou de
la concurrence.
REFERENCE
|
FONDEMENTS DU POSITIONNEMENT
|
1) Produit |
a)
les attributs du produit (composition, esthétique, taille, technologie, etc.)
b) les services rendus par le produit définis en termes de
bénéfice consommateur (gain de temps, pratique, économique, etc.),
|
2) Consommateur |
a)
les caractéristiques des consommateurs (morphologie, activité, habit, niveau
d'instruction, centre d'intérêt, style de vie, taille du ménage, etc.),
b)
le volume de consommation (gros consommateur, moyen)
|
3) Concurrence |
a)
la référence aux concurrents (leader, suiveur, innovateur, etc.)
b)
le niveau de prix relatif,
c)
le rapport qualité/prix relatif,
d) le mode de distribution
|
Les lignes suivantes présentent quelques exemples illustratifs de positionnement (les données entre parenthèses renvoient au tableau précédent) :
Exemples :
- Lessive Sunlight sans phosphate (la)
- La voiture économique # UNO #, la voiture des
villes (1 b)
- Le parfum Must de CARTIER, « L'art d'être unique
»(1 c)
- RENAULT ESPACE « plus d'espace pour famille
nombreuse (1d)
- Ace Lacroix « lave mieux, sans abîmer les
habilles »(2d)
- Ligne de produit cosmétique Aline Schiffer , ,«
Satisfait ou remboursé » (2d)
-UAP, « N° 1 Oblige » (3a)
-COMPAC, « A suivre » (3a)
- LOTO «C'est facile, c'est pas cher et ça peut
rapporter gros » (3b)
- FIAT TIPO, « Il y a moins bien, mais c'est plus
cher » (3c)
4- les causes d 'erreur de positionnement :
Un positionnement erroné peut représenter à lui seul la cause de l'échec du lancement d'un produit.
TYPES D’ERREUR
|
CAUSES POSSIBLES
|
1) Positionnement
mal perçu
|
-
le concept de produit n'est pas perçu comme innovateur ou n'est pas compris par
les consommateurs visés ;
-
la communication entourant le produit ne met pas en relief ses caractéristiques
distinctives :
.
conditionnement neutre,
.
PLV inexistante ou sans relief,
.
force de vente mal préparée,
.
message confus ou sans originalité
.
etc. JG
-
le message publicitaire fait peur.
Exemple
La cigarette tue
|
2) Positionnement
trop restrictif
|
-
le positionnement ne concerne qu'une très faible partie de la cible visée :
.
produit techniquement trop sophistiqué,
.
prix trop élevé (ou trop bas),
.
distribution trop sélective,
.
etc.
-
la communication s'adresse à un public trop limité :
. argumentation
axée sur une utilisation exceptionnelle du produit,
.
message trop élitiste pour un produit grand public,
.
etc.
-
le marché et (ou) les segments ont été mal évalués, au niveau :
.
de la taille (trop restreinte),
. des
perspectives (régression).
NB : Cause d’erreur antérieure à la définition du
positionnement.
|
3)
Positionnement
incohérent
|
- par rapport à l'image de l'entreprise (ou de la
marque) :
Exemple : le déodorant SPRAY-DRY pour femmes de
GILETTE (qui est une marque à connotation fortement masculine).
- par rapport au type de produit :
Exemple : un positionnement haut de gamme pour une
eau de table.
- par rapport aux caractéristiques du produit qui
ne correspondent pas à la promesse déclarée :
Exemple : le produit détergent prétendu #efficace #
qui fragilise les habilles dés le premier lavage.
- par rapport à la cible :
Exemple: une image machiste donnée à un
produit
pour femmes de 18-25 ans.
- par rapport au nom du produit :
Exemple : un nom difficile à prononcer, donné à un
produit grand public.
- les actions comme les sont contradictoires ou
insuffisantes :
Exemples :
. conditionnement banal pour un parfum de grand
luxe,
. distribution de chaussures haut de gamme par
hypermarché,
. prix dans la moyenne pour un produit haut de
gamme,
. service après vente inexistant pour un produit de
haute technicité,
. budget de communication trop faible pour un
produit de grande diffusion,
. force de vente mal formée pour un
produit industriel.
|
4) Positionnement
vulnérable
|
-
un positionnement proche de celui de leader du marché est généralement
déconseillé (risque de riposte, risque de confusion dans l'esprit du
consommateur) ;
-
un positionnement fondé sur une promesse sensible aux facteurs environnementaux
:
Exemples :
.« le moins cher du marché » contré par la promotion d'un concurrent,
.«
le tout de suite livré » rendu impossible du fait de la défaillance d'un
fournisseur ou d'un sous-traitant,
.
« le partout possible » alors que les centrales d'achat renoncent à référencer
le produit,
.
« le produit-miracle » dont l'utilisation vient d'être interdite par décret,
.
plus tous les positionnements faciles à imiter.
|

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